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AccueilActualitésPratiques ProfessionnellesLangage écrit : allocution d’Anne Dehêtre au ministère de la Santé

Anne Dehêtre, présidente de la FNO, s’est exprimée le 21 janvier dernier au ministère de la Santé, en ouverture du colloque « Dyslexie, vraie ou fausse épidémie ? ». Vous trouverez ci-dessous le texte complet de son intervention

“Je voudrais remercier Mme Magnan, directrice du cabinet de Mme Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées. Je tiens à remercier également Mme Cluzel de nous accueillir au ministère des Solidarités et de la Santé pour ce colloque, organisé par la Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO), qui pose la question «  Dyslexie, vraie ou fausse épidémie ? ».

Il ouvre en ce 21 janvier la semaine de sensibilisation aux troubles du langage écrit, semaine marquée par des évènements au niveau nationale mais aussi au niveau régional, et je tiens à remercier ici les orthophonistes des régions qui organisent ces manifestations cette semaine et les semaines qui vont suivre.

Que la FNO lance une campagne de communication et de prévention sur ce thème parait aujourd’hui essentiel et nécessaire. A l’heure où certains évoquent l’existence de « faux dyslexiques », où d’autres évoquent une « épidémie de dyslexie », il faut nous adresser au plus grand nombre afin d’améliorer la connaissance de tous et de toutes sur cette pathologie encore dénommée « troubles spécifiques des apprentissages » du langage écrit.

Les orthophonistes, experts des troubles de la communication du langage oral et écrit, professionnels de santé, ont dans leurs missions celle d’informer et de former les autres professionnels intervenant autour de ces troubles. Il faut donc que nous, professionnels de santé experts, portions à la connaissance de ces intervenants et des parents les signes d’alerte et les éléments de repérage des difficultés de langage et d’apprentissage afin d’intervenir suffisamment tôt. Une fois repéré, une fois dépisté, une fois le diagnostic posé par l’orthophoniste, comment accompagner ce patient dyslexique ? Comment accompagner son entourage ? Comment le parent aide-t-il son enfant ? Quel parcours de soins, et dans la prise en charge globale, quel parcours de santé efficient pour ce jeune ? Comment, enfin, peut-il être accompagné également dans son parcours scolaire ? Le colloque d’aujourd’hui parle aussi de la place et du rôle de chacun, des échanges et de la coordination nécessaires à la prise en compte réelle de la pathologie et de ses conséquences au quotidien. Mme Maignan, directrice de cabinet de Mme Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, l’a largement souligné. Le guide de la Haute Autorité de Santé (HAS) « Comment améliorer le parcours de santé d’un enfant avec troubles spécifiques du langage » répond à quelques-unes de ces questions, mais il ne suffit pas.

Aujourd’hui, parents et professionnels, qui vivons ensemble le quotidien de ces jeunes, nous devons chacun recevoir la possibilité de mettre en œuvre un parcours de santé réalisable et défini en fonction des réels besoins de l’enfant. Nous attendons donc aussi beaucoup de nos autorités de tutelle. Mais avant d’évoquer ces moyens, il nous faut d’abord aider ces mêmes autorités à répondre à la question qu’elles semblent se poser : la dyslexie est-elle une épidémie ? Pour cela, je remercie toutes les intervenantes qui ont répondu présent aujourd’hui et qui prouvent par leur diversité – représentantes des parents, de l’Éducation nationale, de la médecine scolaire, de la médecine générale, de la petite enfance, de la PMI, que nous sommes toutes et tous là pour répondre collectivement aux enjeux de ce parcours coordonné et pluriprofessionnel.”

Pour en savoir plus :

  • “Quels combats syndicaux et professionnels autour de la problématique des troubles du langage écrit ?” – Document de synthèse
  • 20 propositions de la FNO pour répondre au problème de l’accès aux soins en orthophonie